{"id":103,"date":"2008-05-03T18:44:10","date_gmt":"2008-05-03T16:44:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tarot-numerologie.fr\/blog\/2008\/05\/03\/sedir-initiations-sainte-vierge-andreas-maitre-philippe-de-lyon\/"},"modified":"2010-06-10T11:11:40","modified_gmt":"2010-06-10T09:11:40","slug":"sedir-initiations-sainte-vierge-andreas-maitre-philippe-de-lyon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tarot-numerologie.fr\/blog\/2008\/05\/03\/sedir-initiations-sainte-vierge-andreas-maitre-philippe-de-lyon\/","title":{"rendered":"Sedir Initiations, Sainte Vierge, Andr\u00e9as, ma\u00eetre Philippe de Lyon"},"content":{"rendered":"<p>Mais, objecta Stella, Lourdes, la Salette, le Puy-en-Velay, c&rsquo;est la montagne ? &#8211; Oui, mais ces centres-l\u00e0, r\u00e9pondit Andr\u00e9as, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s d&rsquo;En Haut; ils ne viennent pas des hommes.<\/p>\n<p>L&rsquo;AVE MARIA<\/p>\n<p>Andr\u00e9as et Stella \u00e9taient de retour depuis peu d&rsquo;un voyage en Pologne. Ils y avaient \u00e9t\u00e9 les h\u00f4tes d&rsquo;un grand seigneur qui les avait promen\u00e9s dans tous les coins de ses domaines immenses. Andr\u00e9as avait rapport\u00e9 diverses plantes rares, et une certaine esp\u00e8ce de gui, dont il voulait extraire des m\u00e9dicaments inconnus. Il me parla longuement de leur pr\u00e9paration ; puis l&rsquo;entretien d\u00e9via sur le peuple polonais dont il me fit l&rsquo;\u00e9loge.<\/p>\n<p>&#8211; Avez-vous remarqu\u00e9, docteur, me dit-il, comme ces gens aiment la sainte M\u00e8re de Dieu, la swienta Matka Boza ?<\/p>\n<p>En effet, reprit Stella , on est tr\u00e8s d\u00e9vot \u00e0 la Vierge, dans toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9, sauf chez les intellectuels qui ont pris l&rsquo;habitude d&rsquo;aller en Allemagne pour leurs \u00e9tudes. Ce qui est curieux, c&rsquo;est que le culte populaire, celui qui jaill\u00eet spontan\u00e9ment du coeur des foules, se forme presque toujours dans les plaines, dans les for\u00eats o\u00f9 il y a beaucoup de ch\u00eanes.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, r\u00e9pondis-je, ils ont leur fameux p\u00e8lerinage de Czenstochowa, comme autrefois, dans la for\u00eat beauceronne disparue, l&rsquo;antique Vierge noire de Chartres. En Bretagne, o\u00f9 on aime beaucoup la Vierge, il y a de nombreuses ch\u00eanaies; \u00e0 Meudon m\u00eame, o\u00f9 les s\u00e9minaristes de Fleury ont plac\u00e9 une statue de la Vierge, ils l&rsquo;ont mise dans un ch\u00eane.<\/p>\n<p>&#8211; Mais, objecta Stella, Lourdes, la Salette, le Puy-en-Velay, c&rsquo;est la montagne ?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, mais ces centres-l\u00e0, r\u00e9pondit Andr\u00e9as, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s d&rsquo;En Haut; ils ne viennent pas des hommes.<\/p>\n<p>&#8211; En outre, demandai-je, toutes les Vierges miraculeuses des plaines sont noires ; et on les adore souvent dans des cryptes. Quelle raison y a-t-il ?<\/p>\n<p>&#8211; Mais, mon docteur, le ch\u00eane, le gui, les cryptes, cela va ensemble. Vous savez bien que c&rsquo;est des substances les plus nocives qu&rsquo;on extrait les m\u00e9decines les plus merveilleuses. Le gui, c&rsquo;est un parasite, le ch\u00eane est un arbre tourment\u00e9 ; c&rsquo;est comme l&rsquo;olivier, qui souffre beaucoup pour cro\u00eetre, et qui donne l&rsquo;huile dont on a fait le symbole de la paix.<\/p>\n<p>&#8211; Comment, l&rsquo;olivier souffre ?<\/p>\n<p>&#8211; Mais certainement ; vous n&rsquo;avez jamais regard\u00e9 un olivier? On fait la lumi\u00e8re \u00e9lectrique avec du charbon; quand les anciens voulaient attirer l&rsquo;un quelconque des feux du firmament, ils op\u00e9raient dans les cryptes, Vous devez savoir tout cela aussi bien que moi, puisque vous avez \u00e9tudi\u00e9 les myst\u00e8res. Vous devriez, tenez, nous dire vos id\u00e9es sur la Vierge; vous connaissez certainement beaucoup de th\u00e9ories.<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;en connais en effet plusieurs, mais pas une ne me satisfait, r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p>&#8211; Racontez-nous cela, me dit Stella pour m&rsquo;encourager ; il vous renseignera ensuite.<\/p>\n<p>Voici, commen\u00e7ai-je, sur un signe d&rsquo;approbation d&rsquo;Andr\u00e9as. Il y a deux sortes de th\u00e9ories, &#8211; celles o\u00f9 la Vierge est con\u00e7ue comme un symbole et celles o\u00f9 on la consid\u00e8re comme une force vivante, personnelle ou impersonnelle. Les premi\u00e8res sont des syst\u00e8mes philosophiques, sortis plus ou moins du platonisme; ils ne m&rsquo;int\u00e9ressent pas. Pour moi, les id\u00e9es ne sont pas des abstractions; elles ont une forme, une substance, une \u00e9nergie. Je m&rsquo;en tiendrai donc au second groupe de th\u00e9ories.<\/p>\n<p>&#8211; Vous avez remarqu\u00e9 certainement, me dit Stella, que les croyances populaires, pour la Vierge, comme pour les forces de la Nature, donnent \u00e0 toutes les formes de l&rsquo;Invisible une personnalit\u00e9. Ainsi sur toute la terre existe la l\u00e9gende religieuse d&rsquo;une Vierge donnant naissance \u00e0 un Sauveur.<\/p>\n<p>&#8211; Oui. le peuple a cru tout bonnement, mais les savants ont d\u00e9clar\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait un symbole. Seulement chaque classe d&rsquo;initi\u00e9s a voulu prendre le symbole pour son usage exclusif&#8230;<\/p>\n<p>&#8211; Oh ! docteur, interrompit Andr\u00e9as. les initi\u00e9s ne poss\u00e8dent pas toute la V\u00e9rit\u00e9, mais il est cependant parmi eux des avants impartiaux et tol\u00e9rants. Il faut rendre justice \u00e0 chacun. Mais continuez, je vous prie, ajouta-t-il, en me voyant un peu interdit.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai vu, demandai-je, dans les livres des alchimistes, qu&rsquo;ils consid\u00e9raient la pierre comme l&rsquo;image du Verbe dans le min\u00e9ral, et que leur mati\u00e8re premi\u00e8re r\u00e9elle \u00e9tait, selon eux, la Vierge. Robert Fludd explique cela. Un brahme du Dekkan ! a enseign\u00e9 que le P\u00e8re, le Fils, l&rsquo;Esprit et la Vierge existent en l&rsquo;homme: le P\u00e8re, selon lui, c&rsquo;est la racine de la volont\u00e9; et le Fils, c&rsquo;est le point de volont\u00e9 projet\u00e9; la Vierge, c&rsquo;est la forme imaginative nourrissant ce point ext\u00e9rioris\u00e9; l&rsquo;Esprit est la vibration de tout le syst\u00e8me.<\/p>\n<p>&#8211; Je connais cette th\u00e9orie, me dit Andr\u00e9as. C&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame que celle de Sri Srim\u00e2t Sankaracharya dans son Ananda Lahari, \u00e0 propos des rapports de Siva et de son \u00e9pouse.<\/p>\n<p>&#8211; Chez les brahmes orthodoxes, il y a la Maya, l&rsquo;illusion universelle. Maria, ajoutai-je un peu doctoralement, c&rsquo;est Maya ayant re\u00e7u le R, le signe de l&rsquo;existence propre.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est une opinion, dit Andr\u00e9as; elle est, je crois, de Fabre d&rsquo;Olivet. Mais comment explique-t-il que les brahmes veulent \u00e9chapper \u00e0 la Maya, et que les chr\u00e9tiens, au contraire, se jettent dans les bras de Maria ?<\/p>\n<p>&#8211; Je n&rsquo;ai rien lu l\u00e0-dessus, r\u00e9pondis-je.<\/p>\n<p>&#8211; Moi, je crois, docteur, que l&rsquo;Oriental veut \u00e9chapper au mal en \u00e9chappant \u00e0 la vie, au changement, au devenir ; il se r\u00e9fugie, ou essaie de se r\u00e9fugier dans le z\u00e9ro. Le chr\u00e9tien, au contraire, essaie d&rsquo;\u00e9chapper au mal en s&rsquo;\u00e9levant \u00e0 un autre mode d&rsquo;existence.<\/p>\n<p>&#8211; En effet, m&rsquo;\u00e9criai-je, je comprends. Si Mariah signifie espace c\u00e9leste, lieu de la vie absolue, elle est la m\u00e8re du Verbe, bien que sa cr\u00e9ature, puisqu&rsquo;elle lui fournit, si on peut dire, la substance de ses d\u00e9veloppements. Dans la grammaire de d&rsquo;Olivet, le nom, c&rsquo;est le P\u00e8re; le verbe, le Fils; la relation, l&rsquo;Esprit et le signe, la Vierge.<\/p>\n<p>Oh ! bien, me dit Stella, ce n&rsquo;est pas la peine de faire du sanscrit. de l&rsquo;h\u00e9breu et des calculs pour trouver cela. Ce que vous dites est \u00e9crit en fran\u00e7ais dans tous les paroissiens!<\/p>\n<p>Mais Andr\u00e9as la reprenait en souriant.<\/p>\n<p>&#8211; Que tu es exigeante ! n&rsquo;as-tu pas cherch\u00e9 longtemps ce qui \u00e9tait devant toi; et moi aussi, n&rsquo;ai-je pas fait des milliers de lieues au lieu d&rsquo;\u00e9tendre simplement la main ? Laisse-le donc; rien n&rsquo;est inutile.<\/p>\n<p>Et se tournant vers moi:<\/p>\n<p>&#8211; Voici ce que je ferais, \u00e0 votre place. Je pourrais vous raconter de longues histoires sur toutes les Mayadevis, les Kouan-Yin, les Saktis, les Hirams et les Miriams imaginables. Si je ne le fais pas, vous savez bien que ce n&rsquo;est pas pour jouer \u00e0 l&rsquo;initiateur et vous tenir la drag\u00e9e haute; c&rsquo;est pour vous gagner du temps. Donc, regardez autour de vous, cherchez ce que la Nature, la foule, ob\u00e9issantes \u00e0 l&rsquo;instinct vital, ont \u00e9labor\u00e9. Nulle part ailleurs plus qu&rsquo;en Europe ne se trouve de culte de la Vierge. Qu&rsquo;est-ce qui fait la base de ce culte ? L&rsquo;Ave Maria, extrait de l&rsquo;Evangile, les litanies, et quelques autres petites choses sp\u00e9ciales aux diff\u00e9rentes f\u00eates liturgiques.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est vrai, avouai-je. L&rsquo;Ave Maria comprend la salutation de l&rsquo;ange et celle d&rsquo;Elisabeth qui se trouve d\u00e9j\u00e0 dans la liturgie de saint Jacques le Mineur, et dans l&rsquo;Antiphonaire de saint Gr\u00e9goire le Grand. Baronius dit que la troisi\u00e8me partie vient du concile d&rsquo;Eph\u00e8se de 431, sauf les mots: maintenant et \u00e0 l&rsquo;heure de notre mort, attribu\u00e9s aux Franciscains, La pri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 import\u00e9e d&rsquo;Alexandrie, je crois; elle aurait \u00e9t\u00e9 introduite en France par Louis Le Gros. L&rsquo;Ave Maria vient donc r\u00e9ellement du christianisme apostolique.<\/p>\n<p>&#8211; Comme vous \u00eates \u00e9rudit ! souriait Stella.<\/p>\n<p>&#8211; Erudition de candidat! Mais, demandai-je \u00e0 Andr\u00e9as, quelle est la raison r\u00e9elle de la suppression du culte de la Vierge dans le protestantisme ? Pourquoi Cromwell a-t-il interdit la r\u00e9citation de l&rsquo;Ave ? je crois que son importance est vitale, puisque le roi des mystiques protestants, Boehme, l&rsquo;a r\u00e9invent\u00e9e, sous le nom de Sophia. Il est vrai que les pasteurs le pers\u00e9cut\u00e8rent.<\/p>\n<p>Le protestantisme, r\u00e9pondit Andr\u00e9as, ne critiquant jamais, selon son habitude, le protestantisme est excellent \u00e0 cause de l&rsquo;esprit de libert\u00e9 qui l&rsquo;anime, il va de l&rsquo;avant, mais il y a un gros mais &#8211; ses fondateurs, en cultivant le libre examen, ont cultiv\u00e9 le rationalisme, et le rationalisme sape peu \u00e0 peu la croyance en la divinit\u00e9 du Christ. Au XVIe si\u00e8cle, tous les r\u00e9form\u00e9s avaient cette conviction; aujourd&rsquo;hui un grand nombre d&rsquo;entre eux, vers\u00e9s dans l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se, la renient, voient en j\u00e9sus un homme plus avanc\u00e9, un r\u00e9formateur social, un adepte, un \u00e9l\u00e8ve des Egyptiens ou des Hindous, un mythe m\u00eame. Cet aveuglement actuel a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9, depuis trois si\u00e8cles, en sous-main, par certains \u00eatres, au moyen de la m\u00e9connaissance de la r\u00e9elle dignit\u00e9 de la Vierge. Ceci, c&rsquo;est le comment de votre question ; mais le pourquoi, docteur, est trop difficile \u00e0 concevoir.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;\u00e9tonnais en moi-m\u00eame qu&rsquo;un homme aussi savant et aussi sage qu&rsquo;Andr\u00e9as profess\u00e2t l&rsquo;opinion commune populaire sur le Christ et sur la Vierge. Mais, tandis que Stella nous donnait du th\u00e9, il me dit, r\u00e9pondant \u00e0 ma pens\u00e9e:<\/p>\n<p>&#8211; Ne croyez pas, docteur, que je me permettrais d&rsquo;affirmer ainsi de simples opinions ; je vous dis ces choses parce que je les sais.<\/p>\n<p>Je voulais dire: Comment les savez-vous ? o\u00f9 est votre criterium ? mais il ajouta :<\/p>\n<p>&#8211; Tout est vivant, rien ne meurt, et la V\u00e9rit\u00e9 vient vers celui qui la cherche de tout son \u00eatre.<\/p>\n<p>Nous b\u00fbmes en silence. Et, m&rsquo;ayant offert du tabac, il me demanda si je pouvais lui indiquer la doctrine orthodoxe de l&rsquo;Eglise de Rome concernant la Vierge Marie.<\/p>\n<p>&#8211; Voici ce qu&rsquo;elle enseigne, r\u00e9pondis-je. La Vierge est la premi\u00e8re des cr\u00e9atures, reine des anges et des hommes, con\u00e7ue sans p\u00e9ch\u00e9 par la gr\u00e2ce du Tout-Puissant. en vue des m\u00e9rites de Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ et elle est toujours vierge. M\u00e8re de Dieu, parce que son fils est Dieu. bien qu&rsquo;il ne tienne pas d&rsquo;elle sa divinit\u00e9, elle a \u00e9t\u00e9 assum\u00e9e et couronn\u00e9e-par son Fils, le m\u00eame jour, en \u00e2me et en corps. Le culte d&rsquo;hyperdulie lui est d\u00fb. Elle est le canal de toutes les gr\u00e2ces descendantes et par cons\u00e9quent de toutes les pri\u00e8res montantes , son Fils ne lui refuse jamais. L&rsquo;Eglise grecque professe la m\u00eame doctrine.<\/p>\n<p>&#8211; Je me rappelle, dit Stella, avoir lu les livres ci-dessus. C&rsquo;\u00e9tait au temps o\u00f9 je connaissais Eliphas L\u00e9vi, vers 1872. Cela ne me rajeunit pas. Ce pauvre Eliphas avait d\u00e9j\u00e0 de l&rsquo;hydropisie, il aimait bien sortir avec moi. Il demeurait dans le bout de la rue de-S\u00e8vres; c&rsquo;\u00e9tait presque la campagne \u00e0 cette \u00e9poque. Tout Plaisance \u00e9tait en jardins de mara\u00eechers; il y avait des guinguettes sur la route de Meudon; on y allait d\u00e9jeuner et boire du vin blanc. Je lui commandais des clavicules , il y mettait des couleurs et des lettres et des images. Quand j&rsquo;avais r\u00e9ussi \u00e0 lui faire vendre un de ses manuscrits \u00e0 bon prix, il se d\u00e9p\u00eachait de m&rsquo;inviter \u00e0 entamer la pile de louis, comme un \u00e9tudiant boh\u00e8me qu&rsquo;il \u00e9tait demeur\u00e9, bien que sa barbe fut toute blanche. C&rsquo;\u00e9taient de bonnes heures de d\u00e9tente pour moi ! &#8211; Et Stella souriait avec son mari \u00e0 ces anciens souvenirs. Puis: Voyez comme je suis vieille, je radote d\u00e9j\u00e0. Je voulais vous dire qu&rsquo;Eliphas L\u00e9vi avait \u00e9t\u00e9 diacre, un enfant terrible du s\u00e9minaire. Il avait publi\u00e9, sous le nom d&rsquo;abb\u00e9 Constant, La M\u00e8re de Dieu. Il avait alors trente \u00e0 trente-quatre ans , et il m&rsquo;avait pr\u00eat\u00e9 ce livre.<\/p>\n<p>&#8211; Mais, dis-je, pardon de vous interrompre, vous avez poss\u00e9d\u00e9 des manuscrits d&rsquo;Eliphas L\u00e9vi ? Vous en avez peut-\u00eatre encore ?<\/p>\n<p>&#8211; Je lui ai bien vu calligraphier une douzaine de clavicules, mais je ne sais ce que tout cela est devenu. Vous savez, ajouta-t-elle, en jetant un regard de confiance et d&rsquo;amour sur Andr\u00e9as, il y a longtemps que ces choses ont perdu tout attrait pour moi. Eh bien ! dans ce livre Eliphas, diacre, r\u00e9sumait la doctrine th\u00e9ologique sur la M\u00e8re de Dieu. Il citait saint Bonaventure, Galatinus , dans un style tr\u00e8s oratoire il expliquait tout ce que vous venez de nous dire, d\u00e9crivant la Vierge dans son personnage historique, dans son essence th\u00e9ologique, commentant le chapitre VIII des Proverbes, la montrant dans son myst\u00e8re d&rsquo;interc\u00e9dante et, avec Marie d&rsquo;Agreda, comme la J\u00e9rusalem de l&rsquo;Apocalypse, comme l&rsquo;\u00e9pouse du Cantique, comme le type de l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p>C&rsquo;est saint Epiphane, au IV\u00e8 si\u00e8cle, qui assimile le premier la Vierge \u00e0 l&rsquo;Epouse du Cantique. Saint Bernard a d\u00e9velopp\u00e9 cela. Marie d&rsquo;Agreda a un peu copi\u00e9 saint Bonaventure qui a \u00e9crit sur la Vierge un Commentaire du Salve Regina, un Petit Psautier, les Louanges, le Miroir. Ce dernier trait\u00e9 est un commentaire de l&rsquo;Ave Maria; les Louanges sont l&rsquo;explication des figures de l&rsquo;Ancien Testament: la Fontaine du Paradis, l&rsquo;Arbre de Vie, le Paradis, l&rsquo;Arche, l&rsquo;Arc-en-Ciel, la Colombe, l&rsquo;Echelle de Jacob, le Buisson ardent, la Vase de la Manne, le. Tau du Serpent d&rsquo;Airain, la Verge d&rsquo;Aaron, l&rsquo;Etoile de Balaam, le Temple, Judith, Esther, etc.<\/p>\n<p>&#8211; Tout cela sont, en-effet, des figures de la Vierge c\u00e9leste, dit Andr\u00e9as. Si vous \u00eates curieux, docteur, vous pouvez \u00e9tudier cela par devers vous, tant au point de vue du symbole que selon l&rsquo;hi\u00e9roglyphe de la lettre. Cependant, rappelez-vous que la science acquise par l&rsquo;entendement seul s&rsquo;\u00e9vanouit.<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;ai lu, interrompit Stella, la Cit\u00e9 mystique de Marie d&rsquo;Agreda, mais en espagnol, c&rsquo;est tr\u00e8s beau, tandis que les traductions fran\u00e7aises coulent goutte \u00e0 goutte comme des fontaines de guimauve. Cette dominicaine fait un \u00e9loge dithyrambique de la Vierge..<\/p>\n<p>&#8211; Qui ne t&rsquo;a plus qu&rsquo;\u00e0 moiti\u00e9, dit Andr\u00e9as. Tu as du sang huguenot dans les veines. Ce que dit Marie d&rsquo;Agreda est assez vrai, seulement il faudrait pouvoir donner \u00e0 sa vision sa place exacte. Mais continuez \u00e0 rassembler vos souvenirs, je vous dirai mes id\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p>&#8211; Cependant, dit Stella, la Cit\u00e9 mystique est pleine d&rsquo;utilit\u00e9; elle montre une vie id\u00e9ale de jeune fille, d&rsquo;\u00e9pouse, de m\u00e8re, en faisant toucher du doigt la possibilit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9resser le Ciel aux actions les plus vulgaires&#8230;<\/p>\n<p>&#8211; Savez-vous encore autre chose ? demanda Andr\u00e9as.<\/p>\n<p>&#8211; Non, r\u00e9pondis-je; tous se r\u00e9p\u00e8tent. Saint Ambroise, saint Epiphane sont les premiers qui enseignent l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception au double point de vue du p\u00e9ch\u00e9 originel et du P\u00e9ch\u00e9 actuel., Saint Bernard, Jacques Sanazar, M. Olier se copient un peu les uns les autres.<\/p>\n<p>&#8211; Et les mystiques non catholiques ?<\/p>\n<p>&#8211; Je ne connais que Boehme et son \u00e9cole : Law, Gichtel, Pordage, Frankenberg. Ils parlent peu de la Vierge. Selon eux, elle avait fourni la mati\u00e8re du corps du Christ et sa nature humaine; elle \u00e9tait, quant \u00e0 son \u00e2me, une \u00e9manation de la Vierge Sophia, de la Nature-essence, mais seulement apr\u00e8s la conception de son Fils; elle n&rsquo;est par elle-m\u00eame qu&rsquo;une femme sainte, qui ne participe pas aux pr\u00e9rogatives de la divinit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; Et maintenant, ajoutai-je apr\u00e8s un silence, puis-je vous prier de me dire quelque chose ?<\/p>\n<p>&#8211; Ecoutez, docteur ; permettez-moi de ne pas juger les th\u00e9ories que vous m&rsquo;avez expos\u00e9es. Je vous dirai, tout bonnement, mon opinion \u00e0 moi. A vous de comparer, de peser, de vous d\u00e9cider. Vous aurez le devoir de le faire, ce sont l\u00e0 de graves sujets.<br \/>\nVoici ce que je comprends de ce myst\u00e8re. Quand le Verbe a pris un corps terrestre, il lui a fallu, par bont\u00e9, m\u00e9nager la faiblesse de la mati\u00e8re physique. On dit que la lame use le fourreau. Si cela est vrai pour les hommes, \u00e0 plus forte raison le corps destin\u00e9 \u00e0 devenir l&rsquo;instrument du Tout-Puissant devait-il avoir re\u00e7u une trempe tr\u00e8s pure. Il fallait donc que la m\u00e8re physique du Christ, l&rsquo;instrument de ce miracle, f\u00fbt exempte des tares de la mati\u00e8re organique ordinaire. Par ainsi, elle est reine des saints, comme elle est reine des anges pour \u00eatre rest\u00e9e pure apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la fange.<\/p>\n<p>&#8211; Il me semble saisir une id\u00e9e nouvelle, r\u00e9pondis-je \u00e0 la muette interrogation d&rsquo;Andr\u00e9as.<\/p>\n<p>&#8211; Cela ne fait donc rien, continua-t-il, &#8211; du moins par rapport \u00e0 nous -, que, comme l&rsquo;enseigne l&rsquo;Eglise, Marie ait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pure d\u00e8s son premier contact avec la terre, quinze ans avant la naissance du Verbe, ou que, comme le disent des partisans de la r\u00e9incarnation, elle soit descendue maintes fois sur la terre, menant sans d\u00e9faillance une vie constamment sainte et pr\u00e9parant ainsi la tr\u00e8s haute gloire de sa derni\u00e8re incarnation.<\/p>\n<p>&#8211; Je m&rsquo;explique alors, dis-je, pourquoi Boehme l&rsquo;appelle Salut de cette vall\u00e9e de douleurs, et un autre l&rsquo;Affliction purifi\u00e9e !<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est pourquoi, poursuivit Andr\u00e9as, sans para\u00eetre m&rsquo;avoir entendu, elle est le chemin pour aller au Christ, car, quelle que soit la th\u00e9orie qu&rsquo;on se fabrique, le fait demeure que la Vierge a satisfait, toujours, \u00e0 toute la Loi.<\/p>\n<p>&#8211; Tous les P\u00e8res de l&rsquo;Eglise lui donnent le titre de Porte du Ciel, dit Stella. Vintras aussi, ajouta-t-elle.<\/p>\n<p>&#8211; Et je pense, demandai~je, que les titres qu&rsquo;on lui conf\u00e8re dans les litanies et dans les hymnes liturgiques sont autre chose que des louanges po\u00e9tiques ?<\/p>\n<p>&#8211; Certainement, me r\u00e9pondit Andr\u00e9as en se levant. Tout est vrai, je vous le r\u00e9p\u00e8te, mais dans son plan. Les raisons de ces titres sont implicitement contenues dans la Salutation ang\u00e9lique. Je vais essayer de vous montrer cela tout \u00e0 l&rsquo;heure.<\/p>\n<p>Et, tandis qu&rsquo;il passait dans son atelier pour y \u00e9crire un billet oubli\u00e9, Stella continuait, pour ainsi dire, son enseignement :<\/p>\n<p>&#8211; Voyez, disait-elle, il y a trois parties dans cette pri\u00e8re: une dite par l&rsquo;ange, une dite par une cr\u00e9ature privil\u00e9gi\u00e9e,, la m\u00e8re du Pr\u00e9curseur, et une invent\u00e9e par des hommes pieux&#8230;<\/p>\n<p>Or, chacune de ces trois parts se divise en deux phrases, et l&rsquo;Ainsi-soit-il termine le sept\u00e9naire. Ainsi le nombre ? se retrouve ici, pour avoir jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans sa vie.<\/p>\n<p>&#8211; Comment cela ? demandai-je.<\/p>\n<p>&#8211; Andr\u00e9as m&rsquo;a dit qu&rsquo;\u00e0 sept ans elle avait eu l&rsquo;intuition de sa mission, qu&rsquo;\u00e0 quatorze ans elle s&rsquo;\u00e9tait mari\u00e9e, \u00e0 vingt-huit ans son Fils l&rsquo;a quitt\u00e9e, \u00e0 quarante-neuf ans elle l&rsquo;a vu mourir, \u00e0 soixante-trois ans, elle a re\u00e7u sa couronne.<\/p>\n<p>&#8211; Je vois, il y a l\u00e0 un -cycle plan\u00e9taire complet: je vous salue, Marie, pleine de gr\u00e2ce, c&rsquo;est la prosternation; le Seigneur est avec vous, c&rsquo;est le rayonnement divin -, vous \u00eates b\u00e9nie, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9nergie multiplicatrice; j\u00e9sus, le fruit de vos entrailles&#8230; est le coeur solaire du syst\u00e8me; sainte Marie, priez pour nous appelle la c\u00e9leste douceur; \u00e0 l&rsquo;heure de la mort fait revivre les guides conducteurs des morts : Anubis, l&rsquo;Herm\u00e8s psychopompe, Yama; Amen, c&rsquo;est la forme du nombre sept qui, selon Boehme, corporise tout d\u00e9sir, et&#8230;<\/p>\n<p>La r\u00e9apparition subite d&rsquo;Andr\u00e9as coupa court mon d\u00e9veloppement herm\u00e9tique. Il se rassit et reprit la conversation au point o\u00f9 sa femme l&rsquo;avait amen\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; Le nombre sept semble \u00eatre celui qui se retrouve le plus sur cette terre ; il doit donc avoir un rapport \u00e9troit avec la loi de la vie humaine ; mais cela ne nous regarde pas, pour le moment. Remarquez plut\u00f4t ceci : c&rsquo;est l&rsquo;ange qui salue la &lsquo;Vierge c&rsquo;est la femme juste qui lui d\u00e9cerne une juste louange; ce sont les p\u00e9cheurs qui l&rsquo;\u00e9lisent ; ou, si vous pr\u00e9f\u00e9rez, l&rsquo;ange nous montre ce qu&rsquo;elle est en face de Dieu, Elisabeth nous indique sa place dans le genre humain, tandis que la troisi\u00e8me partie est la conclusion irr\u00e9sistible des deux autres.<\/p>\n<p>&#8211; Ainsi, vous recommandez le culte de la Vierge, le culte d&rsquo;hyperdulie ? demandai-je.<\/p>\n<p>&#8211; Mon cher docteur, je ne prescris rien ; ceux qui se sentent port\u00e9s \u00e0 faire pr\u00e9senter leurs pri\u00e8res par la Vierge n&rsquo;ont pas tort. Voil\u00e0 tout ce que je sais.<\/p>\n<p>&#8211; Explique-nous la suite, veux-tu ? demanda Stella.<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;Ave Maria, en latin. en fran\u00e7ais ou dans toute autre langue, a une interpr\u00e9tation et un sens diff\u00e9rents; mais, notez-le bien, docteur, seulement dans le royaume de la parole humaine; dans le royaume de la parole divine, il n&rsquo;a qu&rsquo;un sens. La langue de ce royaume, c&rsquo;est l&rsquo;Esprit qui nous l&rsquo;Enseigne ; et il faut se pr\u00e9parer \u00e0 recevoir ses le\u00e7ons par le travail, par l&rsquo;acte. Voil\u00e0 tout le myst\u00e8re dans sa simplicit\u00e9. La Vierge n&rsquo;\u00e9tait pas f\u00e9ministe; elle n&rsquo;a jamais pr\u00e9sid\u00e9 de loge ma\u00e7onnique, ni fourni de la copie \u00e0 un grand quotidien. Elle a \u00e9t\u00e9 enfant ob\u00e9issante, jeune fille mari\u00e9e sans qu&rsquo;on lui ait demand\u00e9 son avis, femme livr\u00e9e \u00e0 la suspicion de son \u00e9poux, aux comm\u00e9rages, aux travaux domestiques. m\u00e8re condamn\u00e9e aux pires inqui\u00e9tudes, couronn\u00e9es par la plus immense douleur; veuve active et bienfaisante, s&rsquo;occupant encore de tenir le m\u00e9nage des ap\u00f4tres; vie obscure, vie commune, anti-intellectuelle. Ceux donc qui se feront le mieux entendre d&rsquo;elle seront des gens de la m\u00eame lign\u00e9e, de pauvres travailleurs, dont l&rsquo;existence mesquine se consume entre la fatigue et l&rsquo;inqui\u00e9tude de la nourriture quotidienne. Ceux-l\u00e0 ne font pas de g\u00e9matrie, ni de mantrams. Quand ils demandent, c&rsquo;est avec un cri de leur pauvre vieux coeur \u00e9puis\u00e9. Ils sont tout pr\u00e8s du royaume de la Parole. Le Ciel les \u00e9coute beaucoup mieux que les initi\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211; Ainsi Catherine Emmerich a raison de dire que la Vierge est le mod\u00e8le de la femme ? demanda Stella.<\/p>\n<p>&#8211; Elle est le mod\u00e8le de l&rsquo;humanit\u00e9. Mais il est difficile de parler de quelqu&rsquo;un sans le juger. Elle me pardonnera, si je dis quelque chose d&rsquo;inexact, ou qui vous choque, docteur.<\/p>\n<p>&#8211; Je pense, dis-je, \u00eatre assez sage pour ne pas rejeter ce que je ne comprendrai pas. Mais, je vous prie, pourquoi l&rsquo;archange Gabriel la nomme-t-il et l&rsquo;appelle-t-il pleine de gr\u00e2ce ?<\/p>\n<p>&#8211; Quant \u00e0 son nom, docteur, permettez-moi de n&rsquo;en rien dire , c&rsquo;est une science que nous ne sommes pas en \u00e9tat de supporter que celle des noms et d&rsquo;ailleurs je ne la connais pas. Quant \u00e0 ce titre: pleine de gr\u00e2ce, cela veut dire qu&rsquo;en Marie tout a \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9 par le Ciel. Elle n&rsquo;a pas exp\u00e9riment\u00e9 corporellement la mort, vous le savez. Or, depuis la lumi\u00e8re centrale de son \u00e2me, depuis les merveilleux organes de son esprit jusqu&rsquo;aux moindres des mol\u00e9cules de son corps de chair, tout en elle a \u00e9t\u00e9 lav\u00e9 des souillures de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme.<\/p>\n<p>&#8211; Comment cela ? dis-je.<\/p>\n<p>&#8211; Eh bien ! quand un homme c\u00e8de \u00e0 la col\u00e8re, et qu&rsquo;il frappe son interlocuteur, les muscles de son bras, ayant fourni du travail, se sont d\u00e9velopp\u00e9s, ils ont bien agi selon leur fin. Mais l&rsquo;intention, le d\u00e9sir, comme disait Saint-Martin, qui les a mis en mouvement, \u00e9tant pervers, leur travail a eu des suites n\u00e9fastes qui se sont \u00e9tendues \u00e0 tous les mouvements ult\u00e9rieurs de ces m\u00eames muscles. Pour le purifier, il faut donc que le Ciel convertisse toutes ces fibres musculaires, en plus de la conversion morale qu&rsquo;il doit provoquer. Donc, si la Vierge parlait peu, si l&rsquo;affabilit\u00e9, la simplicit\u00e9, la dignit\u00e9 de sa tenue atteignaient la beaut\u00e9, c&rsquo;est parce que tout le mal que d\u00e9c\u00e8lent un verbe prolixe, une attitude disgracieuse avait \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 et remplac\u00e9 par la gr\u00e2ce, par la lumi\u00e8re gratuite descendue du Ciel.<\/p>\n<p>&#8211; Je comprends maintenant, Ma\u00eetre, pourquoi les litanies la nomment Miroir de la Trinit\u00e9, Tr\u00f4ne de la Sagesse et M\u00e8re de Gr\u00e2ce, pourquoi saint Bernard dit qu&rsquo;elle est le Ciel et l&rsquo;Arche de Dieu.<\/p>\n<p>&#8211; Il y a encore d&rsquo;autres motifs \u00e0 ces titres, docteur ; mais, croyez-moi, ne vous embarrassez pas de ces sp\u00e9culations trop lointaines. En quoi cela vous avancerait-il de savoir comment elle est une \u00e9toile au-dessus de la mer universelle ; \u00e0 quelles c\u00e9r\u00e9monies invisibles se r\u00e9f\u00e8rent les titres de Porte de Cristal, de Salle de Festin, de Rose mystique ; dans quel drame cosmique elle joue le r\u00f4le de Tour de David, de Tour d&rsquo;Ivoire, de Maison d&rsquo;Or ? Il ne faut pas \u00eatre trop curieux ; c&rsquo;est l\u00e0 ne le\u00e7on que j&rsquo;ai apprise \u00e0 mes d\u00e9pens.<\/p>\n<p>&#8211; Alors, dis-je, il ne faut pas \u00e9tudier ?<\/p>\n<p>&#8211; Ne vous jetiez pas aux extr\u00eames; mais faites les choses possibles. Bornez vos \u00e9tudes \u00e0 ce qui concerne votre vie actuelle. Le champ est d\u00e9j\u00e0 assez vaste. Par exemple, pour venir au sujet qui nous occupe, comprenez que, si l&rsquo;ange lui dit: le Seigneur est avec vous, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il la voit la plus humble des cr\u00e9atures&#8230;<\/p>\n<p>&#8211; J&rsquo;ai lu dans le temps un manuscrit jans\u00e9niste qui disait \u00e9galement cela, interrompit Stella.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;elle est, en essence, indissolublement li\u00e9e, par son amour, \u00e0 son Fils ; c&rsquo;est parce que, non seulement pendant sa vie terrestre connue, mais toujours et partout, elle est en communication constante avec lui, -non par un effort magn\u00e9tique ou mental, mais par l&rsquo;effet de son amour; c&rsquo;est cette pr\u00e9sence de Dieu qui lui a permis de tant supporter de souffrances, de surmonter tant d&rsquo;\u00e9preuves, mat\u00e9rielles et morales. je crois, docteur, que vous n&rsquo;avez pas encore lu comme il faut l&rsquo;Evangile ?<\/p>\n<p>&#8211; Mon Dieu, dis~je, l&rsquo;Evangile, comme tous les livres sacr\u00e9s, renferme plusieurs sens, que l&rsquo;on peut d\u00e9couvrir au moyen de calculs litt\u00e9raux et num\u00e9raux sur les mots, les nombres des lettres, des chapitres et des versets. Comme toute langue a son aspect hi\u00e9roglyphique, les traductions ordinaires sont susceptibles de ces manipulations, mais la version latine, la grecque et l&rsquo;aram\u00e9enne sont encore meilleures..<\/p>\n<p>Vous allez trop vite, docteur, interrompit Andr\u00e9as. Pour qu&rsquo;une telle \u00e9tude donne des r\u00e9sultats vrais, il faudrait tout au moins que vous connussiez la science des nombres et celle des lettres. Or, personne, vous entendez, personne, m\u00eame parmi les plus r\u00e9put\u00e9s, ne sait davantage que la premi\u00e8re lettre de l&rsquo;alphabet de ces sciences. Voyez de quelle certitude doivent \u00eatre les op\u00e9rations th\u00e9osophiques, les transpositions, les carr\u00e9s magiques et autres !<\/p>\n<p>Comme je ne r\u00e9pliquais rien, tout d\u00e9contenanc\u00e9, Andr\u00e9as poursuivit :<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;Evangile donc n&rsquo;a pas plusieurs sens, comme vous, occultiste, entendez cette expression. Les divers sens des livres sacr\u00e9s sont comme des phrases nouvelles qui appara\u00eetraient dans un texte cryptographique lu avec des grilles diff\u00e9rentes. L&rsquo;Evangile est toujours un, toujours central. Son lecteur y aper\u00e7oit le centre du plan o\u00f9 sa vie spirituelle se d\u00e9roule. La signification de la parole du Verbe nous appara\u00eet donc plus ou moins haute, ou profonde ou universelle, suivant que nous sommes nous-m\u00eames plus ou moins \u00e9loign\u00e9s du centre vrai. Comprenez~vous d\u00e8s lors, docteur, que tout mot de ce livre est absolu ?<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est vrai, dit Stella. Quand je suis un peu lasse, je dis je suis terriblement fatigu\u00e9e. Ce n&rsquo;est pas exact. Tout le temps nous appliquons des termes hyperboliques, extravagants \u00e0 de toutes petites choses, l&rsquo;Evangile donne \u00e0 tout sentiment, \u00e0 toute id\u00e9e, \u00e0 tout fait son expression exacte. C&rsquo;est ce que les litt\u00e9rateurs appellent sa simplicit\u00e9.<\/p>\n<p>Comme J&rsquo;approuvais de la t\u00eate, tout \u00e9tonn\u00e9 de n&rsquo;avoir jamais pens\u00e9 \u00e0 des choses aussi \u00e9videntes, Andr\u00e9as continua:<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;ange la salue. C&rsquo;est une politesse. Savez-vous ce que c&rsquo;est que la politesse, ou plut\u00f4t ce qu&rsquo;elle devrait \u00eatre ?<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est, r\u00e9pondis-je en riant, de demander, avec une feinte sympathie, des nouvelles de sa sant\u00e9 \u00e0 un raseur.<\/p>\n<p>&#8211; Or bien, dit s\u00e9rieusement Andr\u00e9as, si quelqu&rsquo;un vous ennuie, vous ne l&rsquo;aimez pas, votre politesse est un mensonge; elle vient des t\u00e9n\u00e8bres et enfante des t\u00e9n\u00e8bres. Ce n&rsquo;est pas \u00e9norme, \u00e9videmment; mais, si nous ne faisons pas les petites choses, comment pourrons-nous en entreprendre de grandes ? Le salut de Gabriel est donc anim\u00e9 d&rsquo;un sentiment sinc\u00e8re. Quelles sont les qualit\u00e9s des anges ? L&rsquo;ob\u00e9issance, l&rsquo;innocence. Sans cela ils ne seraient pas anges. Puisque Gabriel la salue, c&rsquo;est qu&rsquo;il reconna\u00eet dans cette femme une puret\u00e9 et une ob\u00e9issance plus grandes qu&rsquo;en lui-m\u00eame. Et, en effet, en venant au monde l&rsquo;esprit de Marie \u00e9tait pur et elle se garda pure toute sa vie.<\/p>\n<p>&#8211; Alors vous admettez l&rsquo;Immacul\u00e9e Conception?<\/p>\n<p>&#8211; Voyons, docteur, si une femme malade a un enfant, sera-t-il sain ? Si le caract\u00e8re, le temp\u00e9rament, la mentalit\u00e9, la nature humaine, en un mot, du Christ \u00e9taient parfaits, celle qui a \u00e9t\u00e9 le laboratoire de ce diamant pouvait-elle \u00eatre pervertie au moindre degr\u00e9 ?<\/p>\n<p>&#8211; Pour en revenir \u00e0 la parole : pleine de gr\u00e2ce, elle ne concerne pas la beaut\u00e9 physique, \u00e9videmment ?<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi pas, docteur ? La Sainte Vierge \u00e9tait tr\u00e8s belle, mais pas comme on entend ce mot, sauf chez de tr\u00e8s rares artistes. L&rsquo;intensit\u00e9 de la vie int\u00e9rieure modelait son visage; il \u00e9tait extr\u00eamement mobile et, comme elle faisait toute chose de tout coeur, sa figure exprimait, pour chacune de ses actions, le type id\u00e9al de la facult\u00e9 qu&rsquo;elle utilisait. Je ne sais pas si je me fais comprendre?<\/p>\n<p>&#8211; Oui, il me semble. Quand elle priait, par exemple, elle aurait \u00e9t\u00e9 pour un artiste l&rsquo;incarnation vivante de la Pri\u00e8re; quand elle faisait l&rsquo;aum\u00f4ne, celle de la Charit\u00e9, et ainsi de suite ?<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est ce que je voulais dire, docteur. Il y a autre chose. Ce que l&rsquo;Eglise appelle la gr\u00e2ce, c&rsquo;est une force que le Ciel nous envoie gratuitement, m\u00eame quand nous avons cru la m\u00e9riter par une bonne action. Pour vous, docteur, la gr\u00e2ce est l&rsquo;op\u00e9ration par laquelle le Ciel remplace en nous une cellule physique, mentale, astrale, de n&rsquo;importe quel genre, malade, par une cellule pure qui vient de son Tr\u00e9sor. Or, chez la Vierge, tous les organismes visibles et invisibles avaient \u00e9t\u00e9 ainsi r\u00e9nov\u00e9s, il ne subsistait, si je puis dire, que la trame du travail de la Nature.<\/p>\n<p>&#8211; Il me semble, dis-je, avoir lu quelque chose comme cela dans Henricus Madathanus.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est possible, docteur; les premiers Rose-Croix aimaient la Vierge, quoique protestants.<\/p>\n<p>&#8211; Et aussi, demandai-je, n&rsquo;y a-t-il pas un rapport entre les gr\u00e2ces qu&rsquo;elle a re\u00e7ues et les neuf choeurs des anges?<\/p>\n<p>&#8211; Il y en a un, en effet, au point de vue catholique. Saint Bonaventure en a parl\u00e9. Mais, je vous r\u00e9p\u00e8te, c&rsquo;est un d\u00e9tail, et c&rsquo;est trop difficile encore pour nous.<\/p>\n<p>Et vous ne m&rsquo;avez rien dit sur le nom m\u00eame de Marie.<\/p>\n<p>Oh! docteur, vous connaissez aussi bien que moi toutes les gloses mystico-h\u00e9bra\u00efques auxquelles ce nom a donn\u00e9 naissance, je ne veux pas vous faire perdre votre temps, croyez-moi, nous reverrons cela dans quelques si\u00e8cles.<\/p>\n<p>&#8211; Si seulement, dis-je, la Providence veut bien me faire la faveur de vous retrouver!<\/p>\n<p>&#8211; Ah ! oui! s&rsquo;\u00e9cria-t-il en riant doucement , ce serait une jolie faveur! parlons-en ! Il ne faut pas avoir de ces id\u00e9es-l\u00e0, docteur !<\/p>\n<p>&#8211; Oh ! s&rsquo;\u00e9cria doucement Stella d&rsquo;un ton de reproche, pourquoi dis-tu cela ? Tu vas lui faire de la peine. Mais se levant, l&rsquo;entoura d&rsquo;un bras.<\/p>\n<p>&#8211; Eh bien ! docteur, dit-il gravement, je vous promets, puisque vous voulez bien m&rsquo;accompagner, que je demanderai au Ciel qu&rsquo;il vous ou, plut\u00f4t, qu&rsquo;il nous donne la force de toujours accomplir sa volont\u00e9. C&rsquo;est le plus s\u00fbr moyen que je connaisse de rester ensemble, \u00e0 jamais.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;\u00e9tais lev\u00e9 aussi. Un air plus l\u00e9ger semblait remplir la chambre ; une saveur de printemps dilatait mon \u00eatre. Je ne pensais plus, je me d\u00e9tendais comme dans un bain de lumi\u00e8re rajeunissante. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois que des sensations semblables, toujours aussi soudaines, m&rsquo;envahissaient; leur puret\u00e9, leur force d\u00e9passait de loin tout ce que j&rsquo;avais pu m&rsquo;imaginer \u00e0 la lecture des r\u00e9cits des extatiques. Et ces effets indicibles, je n&rsquo;\u00e9tais pas seul \u00e0 en go\u00fbter le charme. Toujours, apr\u00e8s l&rsquo;une de ces trop br\u00e8ves minutes de paradis, je remarquais que, sans le moindre effort de ma part, j&rsquo;acqu\u00e9rais une sorte de prestige, j&rsquo;exer\u00e7ais une attraction ind\u00e9finissable sur les autres ; mes malades, en me quittant, disaient \u00e9prouver un mieux sensible, un apaisement physique et moral, dont ils ne pouvaient, ni moi non plus, s&rsquo;expliquer la cause.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques instants, Andr\u00e9as se remit \u00e0 fumer, et continua son enseignement :<\/p>\n<p>&#8211; La b\u00e9n\u00e9diction que l&rsquo;ange Gabriel reconna\u00eet \u00e0 Marie, c&rsquo;est le choix sp\u00e9cial dont elle fut l&rsquo;objet. Elle fut la premi\u00e8re cr\u00e9ature o\u00f9 s&rsquo;accomplit le myst\u00e8re que l&rsquo;Eglise appelle naissance int\u00e9rieure du Christ. Elle est le type-parfait de l&rsquo;\u00eatre ob\u00e9issant, humble et aimant. En r\u00e9alit\u00e9, la femme, ou mieux encore tout le c\u00f4t\u00e9 f\u00e9minin de l&rsquo;univers, vit plus conform\u00e9ment \u00e0 la Loi que le masculin; mais la vie de la Vierge lui fut toujours, en toute chose, totalement conforme. De sorte qu&rsquo;\u00e0 proprement parler, ce n&rsquo;est pas tant \u00e0 l&rsquo;imitation de J\u00e9sus-Christ que nous devrions nous adonner; le mod\u00e8le est presque trop parfait ; mais \u00e0 celle de sa M\u00e8re.<\/p>\n<p>J&rsquo;ouvrais la bouche pour demander la raison d&rsquo;une \u00e9l\u00e9vation aussi exceptionnelle, mais Andr\u00e9as me pr\u00e9vint :<\/p>\n<p>&#8211; D&rsquo;ailleurs, dit-il, tout ce que je vous dis l\u00e0, ne vous le dissimulez pas, ce sont des \u00e0 peu pr\u00e8s. Le Christ et la Vierge sont des myst\u00e8res; leur stature d\u00e9passe notre intellect. Leur secret, c&rsquo;est celui de la cr\u00e9ation elle-m\u00eame; nous ne pourrions le conna\u00eetre qu&rsquo;en sachant le pourquoi de la Vie. Peut-\u00eatre qu&rsquo;un jour le Verbe se d\u00e9voilera ; mais jamais nous ne m\u00e9riterons cette faveur et, si nous la recevons, elle sera toujours pour nous une gr\u00e2ce gratuite.<\/p>\n<p>&#8211; Donc, la b\u00e9n\u00e9diction de J\u00e9sus, que c\u00e9l\u00e8bre Elisabeth, est la reconnaissance et l&rsquo;amour de ceux qu&rsquo;il sauve.<\/p>\n<p>Tout simplement, docteur. Et encore, cette chose toute simple, bien peu y pensent. Les gens pieux, ou soi-disant tels, savent bien demander quand ils ont besoin de quelque chose, mais ils oublient presque. toujours de remercier. Il faut le faire, non pas que le Ciel se formalise de notre impolitesse, mais parce que notre gratitude, toute insignifiante qu&rsquo;elle soit, est agr\u00e9able \u00e0 ses yeux, et qu&rsquo;elle montre le bon exemple aux \u00eatres que nous avons pour mission d&rsquo;\u00e9duquer.<\/p>\n<p>&#8211; Quant \u00e0 la troisi\u00e8me partie de l&rsquo;Ave Maria, dis-je, elle me semble toute claire. La saintet\u00e9 de la Vierge se d\u00e9duit des titres que lui a donn\u00e9s l&rsquo;ange Gabriel. Cependant, ce r\u00f4le d&rsquo;intercesseur qu&rsquo;on lui attribue, est-il r\u00e9el?<\/p>\n<p>Oui, docteur. Vous savez que tout ce qui passe sur cette terre y laisse une trace. La Vierge y ayant v\u00e9cu, les \u00e9l\u00e9ments de son corps venant de la mati\u00e8re physique, la tra\u00een\u00e9e lumineuse que son d\u00e9part a produite peut se retrouver plus facilement pour-nous que le sillage de son Fils, par exemple, dont le corps physique \u00e9tait \u00e9tranger \u00e0 notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p>&#8211; Une triade druidique dit quelque chose d&rsquo;analogue sur le corps du Verbe.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;\u00e9tait une intuition lointaine, repartit Andr\u00e9as; mais nous parlerons de cela une autre fois.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, r\u00e9pondis-je, l&rsquo;heure s&rsquo;avance, en effet. Avant de partir, une derni\u00e8re question. Pourquoi le tiers ordre a-t-il ajout\u00e9 au priez pour nous, pauvres p\u00e9cheurs, maintenant et \u00e0 l&rsquo;heure de notre mort ?<\/p>\n<p>&#8211; Votre moi r\u00e9el, vous ne le connaissez pas, docteur. Le champ actuel de notre conscience est tr\u00e8s r\u00e9tr\u00e9ci, il n&#8217;embrasse qu&rsquo;un petit coin de notre \u00eatre. Quand donc nous prions, notre corps physique participe \u00e0 notre acte, l&rsquo;esprit de ses cellules mat\u00e9rielles sort, si je puis dire, et va \u00e7\u00e0 et l\u00e0 chercher de la lumi\u00e8re, comme un chien qui qu\u00eate dans un labour, comme une somnambule qui cherche un objet perdu. Notre esprit trouvera plus vite une trace de lumi\u00e8re \u00e9man\u00e9e autrefois d&rsquo;un corps physique semblable au n\u00f4tre. La pri\u00e8re \u00e0 la Vierge est donc plus facilement entendue.<\/p>\n<p>&#8211; Mais, \u00e0 l&rsquo;heure de la mort? demanda Stella.<\/p>\n<p>&#8211; Eh bien ! vous savez qu&rsquo;apr\u00e8s la mort, il y a un jugement individuel. A ce tribunal la justice est repr\u00e9sent\u00e9e par les g\u00e9nies qui avaient mission de nous surveiller, de nous aider et de nous guider. Si nous n&rsquo;avons pas utilis\u00e9 leurs offices, ils le disent. Mais le Ciel intervient toujours pour pallier nos fautes et excuser nos n\u00e9gligences. Or. la forme du Ciel, le rayon de l&rsquo;Absolu le plus proche de la terre, c&rsquo;est la Vierge. Voil\u00e0 pourquoi la religion nous la pr\u00e9sente comme secourable aux agonisants.<\/p>\n<p>Je remerciai mes h\u00f4tes, et pris cong\u00e9, car le vacarme des voitures de laitiers descendant de Montfermeil dans Paris annon\u00e7ait l&rsquo;approche du matin. Et je rentrai lentement chez moi, sous l&rsquo;aube couleur de cendre, par les rues brillantes de pluie o\u00f9 se mouvaient les silhouettes vagues des balayeurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mais, objecta Stella, Lourdes, la Salette, le Puy-en-Velay, c&rsquo;est la montagne ? &#8211; Oui, mais ces centres-l\u00e0, r\u00e9pondit Andr\u00e9as, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s d&rsquo;En Haut; ils ne viennent pas des hommes. L&rsquo;AVE MARIA Andr\u00e9as et Stella \u00e9taient de retour depuis peu d&rsquo;un voyage en Pologne. 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